
Testament
Le moment est venu pour TESTAMENT de déchaîner un nouveau tonnerre sur les masses et de révéler son treizième album studio : Titans of Creation. À l’image des éléments de notre planète qui nourrissent chaque être vivant, chaque musicien de TESTAMENT incarne une composante essentielle de cette nouvelle oeuvre musicale. Toujours animés par une énergie massive et implacable depuis leur dernier album, TESTAMENT élève encore son style et propose un disque fidèle aux racines du thrash metal traditionnel, tout en y intégrant des éléments séduisants, brillants et progressifs. La basse y est mise en avant, de nouvelles approches vocales font leur apparition et, comme on pouvait s’y attendre, le travail de guitare de Peterson et Skolnick se révèle d’une grande complexité et profondément envoûtant.
Eliran Kantor signe une nouvelle fois l’illustration de la pochette. Son style pictural classique, presque Renaissance, s’accorde parfaitement avec les thématiques anciennes, psychologiques et éclairées des chansons. Trois titans monstrueux se dressent à l’endroit même où les planètes prennent forme. L’un verse une matière en fusion que les autres martèlent pour la transformer en ADN humain, se tordant et s’enroulant jusqu’à former l’anneau d’une planète naissante. Dans la poitrine de chaque titan brûle la flamme d’une étoile mourante : l’origine des atomes composant les corps en ébullition le long des courbes de l’hélice spirale.
Titans of Creation renferme de nombreuses ambiances et matières, toutes reliées par une même philosophie : la création et son indispensable contrepartie, la destruction. Children of the Next Level ouvre l’album avec une déferlante sonore annonçant un thrash violent et dévastateur. Les paroles dénoncent les philosophies extrêmes de la secte Heaven’s Gate, fondée en 1974.
Des titres comme Dream Deceiver adoptent un son plus old school qui ravira les fans de la première heure de TESTAMENT. Les paroles décrivent l’emprisonnement dans un rêve provoqué par une force féminine surnaturelle qui détériore lentement l’esprit. Le rêve fait partie de l’existence, mais durant le sommeil, l’être humain est totalement vulnérable, l’un des nombreux mystères de la condition humaine. « Quelqu’un te hante et ne te laisse pas tranquille ; il ne s’attaque à toi que la nuit, lorsqu’il peut contrôler ton sommeil », explique le chanteur Chuck Billy.
Night of the Witch met en avant des performances vocales aussi inquiétantes que captivantes d’Eric Peterson. Avec une atmosphère proche du black metal, Peterson déploie une puissance qui se mêle parfaitement aux growls profonds et telluriques de Billy. Inspiré en partie du film d’horreur de Robert Eggers The VVitch: A New England Folktale (2015), le morceau dégage une dimension mystique reflétant directement l’ambiance du film. En conclusion, un thérémine hurle dans l’air, tel l’envol de sorcières vers la lune, fixant la
tonalité finale. « Cet album possède beaucoup d’éléments nouveaux pour l’oreille », précise Peterson.
Écrit par le guitariste Alex Skolnick, Symptoms se distingue par un travail de guitare détaillé et complexe, illustrant le parcours difficile et hypnotique lié à la dépression, aux sautes d’humeur et aux multiples troubles de la santé mentale. Les paroles abordent une réalité douloureuse : les maladies mentales sont bien plus répandues qu’on ne l’imagine, et que beaucoup n’osent l’admettre. Sur une note plus lumineuse, The Healers alterne entre death et thrash, lourdeur et mélodie, clair et obscur. Le texte, spirituel et très personnel, relate l’expérience de Billy avec les guérisseurs traditionnels, les anciens de la Terre, et la manière dont ils l’ont aidé à identifier et soigner sa maladie passée. City of Angels dévoile quant à lui une facette totalement nouvelle de TESTAMENT : une lourdeur rampante et un tempo lent accompagnent le récit macabre du Night Stalker Richard Ramirez, donnant naissance à l’un des titres les plus marquants de l’album.
En 2020, l’époque où l’on écrivait un album tous réunis dans une même pièce est révolue. Toutefois, la technologie permet à TESTAMENT de conserver un processus de création proche de celui qu’ils ont toujours connu. Les bases des morceaux sont façonnées, les structures enrichies collectivement, les instrumentaux mis en valeur, puis les paroles et les voix viennent finaliser l’histoire sonore. FaceTime et les interactions humaines directes demeurent essentielles : chaque membre du groupe collabore physiquement avec les autres à un moment donné. Entre l’écriture de l’album, le groupe a tourné intensément, réduisant le stress, libérant du temps et stimulant l’inspiration. La préproduction et l’enregistrement initial se sont déroulés sereinement avec Juan Urteaga au Trident Studios, avant qu’Andy Sneap ne peaufine, mixe et masterise l’album avec sa perfection habituelle.
Le processus créatif de TESTAMENT a évolué et progressé, tout en restant fidèle à son essence depuis des décennies. En préservant l’authenticité du thrash metal qui fonde leur identité, le groupe explore de nouveaux horizons sonores, précis, percutants et fascinants.